Après un discours en hommage à l’ensemble des déportés et victimes de la barbarie nazie, Jean-Luc Magnier, maire d’Étampes-sur-Marne, a lu un extrait de Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo, l’une des 230 femmes qui en janvier 1943 sont parties de Compiègne pour Auschwitz.

Ils ont emporté les enfants parce qu’on ne se sépare pas des enfants pour ce voyage-là.

Ceux qui en avaient ont emporté de l’or parce qu’ils croyaient que l’or pouvait être utile.

Tous ont emporté ce qu’ils avaient de plus cher parce qu’il ne faut pas laisser ce qui est cher quand on part au loin.

Tous ont emporté leur vie, c’était surtout sa vie qu’il fallait prendre avec soi.

Et quand ils arrivent

ils croient qu’il sont arrivés

en enfer

possible. Pourtant ils n’y croyaient pas.

Ils ignoraient qu’on prît le train pour l’enfer mais puisqu’ils y sont ils s’arment et se sentent prêts à l’affronter

avec les enfants les femmes les vieux parents

avec les souvenirs de famille et les papiers de famille.

Ils ne savent pas qu’à cette gare-là on n’arrive pas.